Vieillir : chance ou fléau ? La loi grand âge mise au panier !

Il fallait bien s’y attendre puisque l’écriture de cette loi ne peut se faire avant celle sur la création d’un CINQUIEME RISQUE promise depuis juin 2020.

Communiqué du 6 décembre 2021

Le Premier ministre, Jean CASTEX, annonce le 8 septembre : « le gouvernement compte proposer des  mesures nouvelles  en vue de renforcer la cinquième branche de la sécurité sociale ». Les quatre risques existants sont : maladie, famille, accidents du travail et maladies professionnelles, retraites.

Une fois de plus une communication qui interpelle, avec une certaine propension à propulser les français les plus avertis dans une confusion qui devient hélas coutumière.

Depuis Juin 2020, absence totale d’annonce sur le cinquième risque, alors même qu’il appartient aux français de se prononcer sur ce qui doit être une révolution sociale de la santé, de l’autonomie, du handicap, de la prévention, de la création de nouveaux métiers contribuant à relever l’économie de la France.

Étonnant : Pas moins de quatorze députés plus des représentants d’En Marche ont déposé leur projet de loi N° 4257 à l’Assemblée Nationale le 15 juin 2021.
Aucun commentaire sur cette cinquième branche de sécurité sociale actée depuis Juin 2020, oubli ou pression du gouvernement. Une nouvelle loi ayant pour ambition la réorganisation profonde de l’accompagnement de l’autonomie, du handicap, des personnes âgés, donc de la santé de nos concitoyens ne peut s’écrire aujourd’hui sans les fondements de cette nouvelle branche.

Pour mémoire : La loi handicap du 11 février 2005 dans son article 13 pose les bases incontournables du cinquième risque :
Article L 114-1-1, La personne handicapée a droit à la compensation des
conséquences de son handicap quels que soient l’origine et la nature de sa
déficience, son âge ou son mode de vie.
Article L 114, Constitue un handicap au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans un environnement par une personne en raison d’une altération substantielle durable ou définitive, d’une ou de plusieurs fonctions physiques, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant.

En dépit de ces articles restés sans suite, nous avons eu droit à une succession de pansements financiers. Ceux-ci ne règlent en rien la situation désastreuse de notre système de santé (sanitaire et médico-social) mais c’est la seule réponse du quinquennat du président Macron.

La pandémie, certes, a occupé un grand nombre des membres de notre gouvernement, mais au regard du nombre d’élus, d’experts, de Ministres concernés par cette future loi, nous sommes en droit de nous poser la question « ont-ils été choisis pour écrire des dossiers sans suite » alors que nous espérions mettre fin à une injustice typiquement française « la barrière de l’âge » projetant les personnes de plus de 60 ans dans un registre différent de ceux de moins de 60 ans lorsqu’un handicap, une perte d’autonomie surviennent. Triste constat en décembre 2021 à quelques mois de la fin de ce quinquennat ».

Des millions de français sont aujourd’hui concernés par l’accompagnement de la santé, du vieillissement, du handicap et de la perte d’autonomie. La Covid a eu pour effet, depuis Février 2020, de dévoiler au grand jour les défaillances de notre système de santé dans de nombreux domaines. Depuis le 7 mai 2017, pléthore de dossiers, de rapports, de concertations d’experts, la plupart d‘entre eux pointant l’urgence à redresser le secteur de la santé, de l’accompagnement du vieillissement et du handicap . Alors évitons de faire porter uniquement à la COVID ce triste constat fait en décembre 2021.
« Des grands moments de fierté » déclare le Premier Ministre dans son discours du 23 septembre 2021. Pour des millions de français qui vont se diriger vers les urnes dans 4 mois, et les retraités sont nombreux à y déposer leur bulletin, ce sont des grands moments de désespoir, d’agacement pour ne pas dire de tromperies et d’abandon.

Nous sommes à un choc de civilisation mais notre pays a toute capacité, s’il s’en donne les moyens, de répondre à ces enjeux vitaux pour la société de demain. Seniors, Adultes, Jeunes, nous tous sommes concernés.

Joëlle LE GALL, Henri HENAFF, Florence COUDRAIS,
Présidente, Vice Président et Vice Présidente de BVE.bzh

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Échec de la loi grand âge – La grande réforme annoncée en déliquescence

Rennes le 29 septembre 2021 – Communiqué de la Fédération bretonne BVE.bzh

Des annonces très insuffisantes faites par le premier Ministre et éloignées d’une restructuration en profondeur permettant de remettre à plat un système « à bout de souffle », l’accompagnement en santé des personnes âgées de plus de 60 ans.

Présentées , comme un fabuleux cadeau de sortie de la crise sanitaire Covid19, ces mesures ne doivent abuser personne et confinent à la provocation à l’égard des personnes âgées en souffrance, des professionnels de santé qui s’épuisent à domicile comme en établissement.

10 000 postes supplémentaires en EHPAD

Que représentent ces 10 000 postes annoncés, ramenés au terrain : 0,75 équivalent temps plein par Ehpad ! Alors que le plan solidarité grand âge en 2007 avait reconnu que le ratio minimum (non pas optimum) de 10 professionnels pour 10 résidents était nécessaire au regard de l’évolution de la lourde perte d’autonomie constatée en EHPAD. La moyenne des dotations actuellement se situe entre 5 et 6 professionnels pour 10 résidents ! Cherchez l’erreur.

Et que dire du reste à charge indécent reposant sur les épaules du résident et de sa famille alors même que l’établissement ne peut pas/plus répondre à l’ensemble de ses besoins.

240 millions d’euros pour payer les intervenants à domicile

Dérisoire, concernant le domicile, la situation reste très anxiogène pour les salariés et pour les structures mais elle l’est tout autant pour les personnes âgées devant être accompagnées à leur domicile : manque crucial de personnels, métiers non attractifs alors qu’il faut en urgence former et créer des emplois, renoncement de professionnels à poursuivre ces métiers. Comme en EHPAD, un manque de moyens financiers pour accompagner la perte d’autonomie et l’aide à la vie. Pour soulager les caisses de l’État, on compte sur des familles à qui l’ont fait porter le poids d’un accompagnement qui devrait être assumé par des professionnels.

Des périodes comme celle que nous vivons depuis deux ans ou encore celle de la canicule de 2003 ont portant démontré, s’il en était encore besoin, l’urgence d’un remaniement en

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Fédération loi 1901 déclarée en préfecture du Finistère le 21 Octobre 2019 sous le numéro W294011163

profondeur, de notre système de prise en compte de la perte d’autonomie et concomitamment l’urgence des actions à réaliser.

Effort global de 400 millions d’euros en 2022, 1 Milliard en 2025
pour aider les personnes âgées

En 2020 la CNSA vote un budget de 27,58 milliards d’euros pour couvrir le financement de la perte d’autonomie, le poste le plus important demeure néanmoins l’enveloppe consacrée au fonctionnement des établissements et services médicaux-sociaux. Ce budget s’inscrit dans le cadre des priorités définies par le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) et permet de mettre en œuvre les mesures initiant la réforme du grand âge et de l’autonomie qui doit s’inscrire dans la création d’un cinquième risque, cinquième branche de la sécurité sociale, à l’exemple de nombreux pays européens dont on devrait s’inspirer.

Poser les premières pierres d’une cinquième branche de sécurité sociale nécessite de s’aligner sur des budgets appropriés et les recommandations de la CNSA. Or nous constatons que le gouvernement persiste à minimiser des financements indispensables alors même que le cinquième risque a été acté dans la loi vieillissement en préparation et malheureusement repoussée à la fin du quinquennat.

Porter son regard vers d’autres pays européens qui ont su s’emparer du vieillissement de la population en y mettant plus de moyens et notamment en refusant de sectoriser la population par l’âge, n’est pas inutile.

Ce ne sont malheureusement pas les lois qui se superposent et les rapports innombrables qui ont pu éviter le constat d’échec aujourd’hui face à une grande cause nationale toujours non reconnue à la hauteur des enjeux de la démographie attendue.

Décidément, malgré des promesses, si peu suivies d’effets concrets, nos attentes restent toujours au fond du tiroir. Qui aura enfin le courage de transformer « le combien ça coûte à minima » en « comment transformer un vaste système de santé où l’humain est au centre du débat ». Car c’est bien cela dont il s’agit.

Joëlle LE GALL                     Henri HENAFF                      Florence COUDRAIS

Présidente                            Vice Président                           Vice Présidente

Le Village Landais AlzHEimer, un projet inédit en France !

BVE.bzh souhaite partager l’expérience innovante et prometteuse du Village Landais AlzHeimer. En espérant que ce modèle inspire les acteurs bretons sensibles à un accompagnement digne et de qualité des personnes atteintes de la maladie d’AlzHeimer.

C’est en lisant un article sur le modèle hollandais de De Hogeweyk à Weesp, que Henri Emmanuelli, l’ancien président du Conseil départemental eut l’idée en 2013 de le transposer dans les Landes. Moins de deux ans plus tard, le président de la République François Hollande faisait de ce projet landais un « projet national », apportant un financement de l’État pour cette expérimentation hors normes qui pourrait être un tournant dans la prise en charge du vieillissement.
L’ancien député socialiste visionnaire, décédé le 21 mars 2017 sans avoir vu la pose de la première pierre de ce projet d’envergure, sera parvenu à défendre dans la réalisation de cet établissement innovant les valeurs humaines qu’il a toujours défendues.

Pour découvrir la richesse de ce projet, vous pouvez télécharger le document de présentation.

Bonne lecture !

Lettre de Florence CARLES-COUDRAIS à la directrice de l’EHPAD du Faouet.

Florence CARLES-COUDRAIS est présidente de l’association BVE56. Elle est aussi présidente du Conseil de Vie Sociale à l’EHPAD du Faouet (56).

Nous publions ici son intervention à l’occasion de la réunion du CVS du 6 avril 2021.

 Je veux remercier, au nom des familles et en mon nom, les personnels soignants, les animatrices (Stéphanie et Sandrine) qui malheureusement ne peuvent plus faire d’animations, le cadre de santé et tout le personnel sur le terrain (Secrétariat, cuisiniers…), pour leur dévouement près des résidents et des familles dans cette période difficile qui se prolonge .

Pendant ces derniers mois, j’ai reçu beaucoup d’appels téléphoniques de familles désespérées de ne pas pouvoir visiter leurs proches. Et c’était parfois bien long pour obtenir un rendez-vous.

Ce sont dans des moments difficiles et inédits que l’on s’aperçoit de la dure réalité de l’Ehpad.

Les résidents, les familles les soignants se sont sentis bien délaissés par le manque de communication avec la Direction, j’ai l’impression de me répéter mais depuis la fusion tout paraît compliqué, manque de flexibilité, de transversalité, « une usine à gaz ». Je sais qu’il y a une pression budgétaire qui débouche sur la maltraitance institutionnelle et sur le terrain tout doit fonctionner à flux tendu, priorité à l’efficience.

Nous avons une grande chance pour nos résidents que les personnels soient dévoués avec un esprit d’équipe et de bonnes compétences, mais parfois cela tient du miracle. Mais pour combien de temps encore les équipes vont elles tenir ? Le découragement, et le moral sont bien attaqués.

Les soignants souffrent et les résidents sont négligés du manque de personnel et du rythme de travail qui en découle ; il faut aller vite ! Pansements, douches, collyre, médicaments… pas de temps pour l’échange pour la relation. Et pas de visite, pas d’animation !

Aussi je compte sur vous Madame la Directrice pour faire remonter mes doléances et celles des familles et des résidents afin que la situation puisse s’améliorer.

Avec mon Association « Bien vieillir ensemble 56 », nous dénonçons cette injustice pour nos ainés au côté des personnels soignants et des responsables d’Établissements.

La situation désastreuse des EHPAD où les soignants sont devenus des robots dans une industrie des soins aux personnes Agées, avec des dotations en baisse et des augmentations régulières des tarifs pour les résidents et leurs familles.

Aussi il Faut que nous soyons mobilisés  dans chaque Ehpad (personnels soignants ,cadres ,décideurs, résidents, familles) pour faire entendre nos revendications aux politiques.

Florence Carles- Coudrais, Présidente du CVS

BVE.bzh soutient l’initiative de la FNADEPA

Face aux tensions majeures auxquelles le secteur du grand âge est confronté, la FNADEPA alerte l’ensemble des décideurs publics et appelle à une réforme majeure et urgente du Grand âge. Elle porte 25 propositions, nourries par ses adhérents, afin de « réformer durablement l’accompagnement des personnes âgées » à travers trois objectifs :

I – Soutenir les professionnels du Grand âge : UNE URGENCE SOCIALE

II – Optimiser le parcours de vie des personnes âgées : UN IMPÉRATIF ÉTHIQUE

II – Stabiliser la gouvernance et les financements des territoires : DES MOYENS ESSENTIELS

Notre fédération BVE.bzh souhaite relayer ces propositions et soutient cette démarche proactive.

Retrouvez ici l’intégralité du document « 25 PROPOSITIONS pour réformer durablement l’accompagnement des personnes âgées ! »

Lettre ouverte au président de la république

Lettre ouverte au Président de la République

Monsieur le Président de la République,
Depuis plus de vingt ans de nombreuses associations ont alerté sur les lacunes relatives à
l’accompagnement des personnes âgées en situation de perte d’autonomie, qu’elles résident à
leur domicile ou en établissement. Cet accompagnement a toujours donné lieu, comme unique
réponse, à une gestion essentiellement budgétaire au détriment d’une gestion à caractère plus
humain et sociétal…

Retrouvez ici l’intégralité de la Lettre ouverte au Président de la République