Lettre de Florence CARLES-COUDRAIS à la directrice de l’EHPAD du Faouet.

Florence CARLES-COUDRAIS est présidente de l’association BVE56. Elle est aussi présidente du Conseil de Vie Sociale à l’EHPAD du Faouet (56).

Nous publions ici son intervention à l’occasion de la réunion du CVS du 6 avril 2021.

 Je veux remercier, au nom des familles et en mon nom, les personnels soignants, les animatrices (Stéphanie et Sandrine) qui malheureusement ne peuvent plus faire d’animations, le cadre de santé et tout le personnel sur le terrain (Secrétariat, cuisiniers…), pour leur dévouement près des résidents et des familles dans cette période difficile qui se prolonge .

Pendant ces derniers mois, j’ai reçu beaucoup d’appels téléphoniques de familles désespérées de ne pas pouvoir visiter leurs proches. Et c’était parfois bien long pour obtenir un rendez-vous.

Ce sont dans des moments difficiles et inédits que l’on s’aperçoit de la dure réalité de l’Ehpad.

Les résidents, les familles les soignants se sont sentis bien délaissés par le manque de communication avec la Direction, j’ai l’impression de me répéter mais depuis la fusion tout paraît compliqué, manque de flexibilité, de transversalité, « une usine à gaz ». Je sais qu’il y a une pression budgétaire qui débouche sur la maltraitance institutionnelle et sur le terrain tout doit fonctionner à flux tendu, priorité à l’efficience.

Nous avons une grande chance pour nos résidents que les personnels soient dévoués avec un esprit d’équipe et de bonnes compétences, mais parfois cela tient du miracle. Mais pour combien de temps encore les équipes vont elles tenir ? Le découragement, et le moral sont bien attaqués.

Les soignants souffrent et les résidents sont négligés du manque de personnel et du rythme de travail qui en découle ; il faut aller vite ! Pansements, douches, collyre, médicaments… pas de temps pour l’échange pour la relation. Et pas de visite, pas d’animation !

Aussi je compte sur vous Madame la Directrice pour faire remonter mes doléances et celles des familles et des résidents afin que la situation puisse s’améliorer.

Avec mon Association « Bien vieillir ensemble 56 », nous dénonçons cette injustice pour nos ainés au côté des personnels soignants et des responsables d’Établissements.

La situation désastreuse des EHPAD où les soignants sont devenus des robots dans une industrie des soins aux personnes Agées, avec des dotations en baisse et des augmentations régulières des tarifs pour les résidents et leurs familles.

Aussi il Faut que nous soyons mobilisés  dans chaque Ehpad (personnels soignants ,cadres ,décideurs, résidents, familles) pour faire entendre nos revendications aux politiques.

Florence Carles- Coudrais, Présidente du CVS

Présentation de BVE.bzh

BVE.bzh (Bien Vieillir Ensemble en Bretagne) a été créée le 1er  mars 2019.

Une Fédération bretonne à votre écoute qui réunit actuellement des associations du Finistère, du Morbihan et de l’Ille-et-Vilaine.

 Pourquoi une Fédération bretonne :

Les bretons sont très attachés à leur terre, à leur patrimoine, à leur histoire. S’ils sont de grands voyageurs notamment pour des raisons professionnelles, le retour en Bretagne reste un choix privilégié à l’heure de la retraite.

L’avancée en âge en Bretagne

Avec 3 340 379 habitants au 1er janvier 2020, la Bretagne voit sa population croître mais également vieillir, moins de naissances et plus de décès, avec des fortes disparités entre les départements. La part des 65 ans ou plus varie de 18,0 % en Ille-et-Vilaine à 26,3 % dans les Côtes-d’Armor. La pyramide des âges entre janvier 1999 et Janvier 2019 montre qu’en 20 ans le nombre des plus de 80 ans a doublé en Bretagne.  Le retour au pays des retraités, le choix de la Bretagne pour d’autres, doivent participer à l’évolution de nos territoires. Cette évolution démographique impose la nécessité  de créer de nouveaux métiers de services, d’accompagnement et de soutien à l’autonomie indispensables à un bon vieillissement. Ca participe aussi à un développement non négligeable de notre économie. De nombreux dispositifs doivent être améliorés en urgence, d’autres créés afin de répondre aux attentes et aux besoins des aînés. Ce sont les régions qui sont les plus à même de recenser les besoins de leur population. Pour exemple on ne vit pas de la même façon en région PACA qu’en Bretagne. Un grand nombre de décisions sont prises au niveau national sans concertation avec ceux qui sont sur le terrain, ne serait-ce que le regard à porter sur le montant des retraites, le niveau de vie, le climat…

Les Régions et les départements ont un rôle prioritaire à jouer concernant l’ensemble des dispositifs favorisant la vie de nos aînés et notamment le maintien de leur autonomie. Nous pensons que recueillir les souhaits des personnes âgées, là où ils vivent, est une priorité évitant de leur imposer des modes de vie en inadéquation avec leurs attentes.

C’est pour toutes ces raisons que nous avons souhaité créer la Fédération bretonne BVE.BZH qui recense actuellement le Finistère, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine. Comme dans de nombreux départements et régions nous sommes à un moment « clé » nous imposant de changer de paradigme en réfléchissant sur l’évolution incontournable de l’accompagnement des seniors et du quatrième âge.

Faut-il créer davantage d’Ehpad en France ?

Nous recommandons la lecture d’un article paru le 12 janvier 2021 sur le média universitaire :

The Conversation

Il apporte une analyse sur la manière d’anticiper les besoins de notre société pour accompagner les seniors en perte d’autonomie.
Alors que la population va connaître un vieillissement inéluctable, la logique pourrait pousser les autorités à développer massivement le nombre de places d’hébergement en EHPAD, tout en reconnaissant  » la nécessité de renforcer la solvabilité des futurs résidents, grâce une réforme de la prise en charge de la dépendance ».
C’est précisément cette logique qui est remise en cause par les 2 chercheurs, co-auteurs de l’article, qui insistent sur les risques induits par les méthodes utilisées pour la prospective. Ils appellent à une meilleure prise en compte des souhaits et aspirations des séniors.
« Ainsi, nous pensons qu’il ne s’agit pas tant de savoir s’il faut créer de nouveaux Ehpad, mais plutôt de mieux connaître les aspirations des personnes vieillissantes en fonction de leur lieu de résidence ».

Pour retrouve l’article en entier : https://theconversation.com/faut-il-creer-davantage-dehpad-152307 – article coécrit par Dominique Argoud et Marion Villez.